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Investir dans son outil/10 min de lecture/Par Sébastien/

Combien coûte un logiciel sur mesure en 2026 ?

Vous demandez un prix. On vous répond une fourchette large, et vous repartez sans être plus avancé.

Ce n'est pas un manque de transparence. C'est que le prix d'un logiciel sur mesure dépend de ce que vous lui demandez de faire, exactement comme le prix d'une maison dépend de sa taille et de ses fondations.

Voici les vraies fourchettes, le calcul que personne ne fait, et le moment honnête où ça devient rentable, ou pas.

Un grand cube jaune posé à côté d'un petit tas de cubes sombres
Le devis se compare rarement à zéro. En face, il y a la pile d'abonnements que vous payez déjà.

Les vrais chiffres du marché en 2026

La plupart des fourchettes qui circulent sont théoriques. Celles qui suivent viennent du baromètre de La Fabrique du Net, construit sur 184 budgets de projets réellement engagés, données arrêtées en juin 2026. C'est à notre connaissance le seul repère français tiré de projets réels plutôt que d'une grille annoncée.

Le budget médian d'un projet de développement logiciel est de 30 000 €. La moitié des projets coûtent moins, l'autre moitié davantage. La moyenne, elle, dépasse 51 000 €, tirée vers le haut par une minorité de plateformes à six chiffres : c'est la médiane qui décrit le projet courant, pas la moyenne.

Ce chiffre couvre tout le marché, grands comptes inclus. Deux repères plus proches de vous :

  • Pour une PME, la médiane observée descend à 20 000 €.
  • Un logiciel métier, c'est-à-dire une application interne dédiée à un usage précis, se situe lui aussi à 20 000 € de médiane, dans une fourchette de 10 000 à 50 000 €.

Au-dessus, le changement est net. Une plateforme structurée, intégrée à votre système d'information et pensée pour durer, démarre autour de 50 000 € et dépasse fréquemment 100 000 €.

Le marché se lit alors en trois mondes, et savoir dans lequel vous êtes vaut mieux qu'une fourchette large :

BudgetPart des projetsCe que ça recouvre
Moins de 10 000 €22 %Une brique isolée, un premier cadrage. On pose une fondation, pas un système
10 000 à 50 000 €45 %Le cœur du marché : le logiciel métier qui remplace vraiment un processus manuel
50 000 à 100 000 €19 %La plateforme connectée à votre système d'information, pensée pour plusieurs usages
100 000 € et plus14 %Le système d'entreprise, souvent avec de la donnée à grande échelle

Autrement dit, près d'un projet sur trois dépasse 50 000 €, et un sur sept franchit les 100 000 €. Si on vous annonce une plateforme complète pour quelques milliers d'euros, ce n'est pas une bonne affaire : c'est presque toujours un assemblage d'outils existants, sans architecture pensée derrière.

Chez Lunnar, l'entrée se fait à partir de 12 000 €, pour un outil métier ciblé, pensé pour un besoin précis plutôt que pour tout refaire d'un coup. C'est un vrai budget de conception, dans la bande de ce que coûte un logiciel métier, et non un prix d'appel.

Une réserve honnête sur ces chiffres : ils viennent de budgets déclarés par des agences référencées sur une plateforme de mise en relation. C'est du réel, pas de la théorie, mais ce n'est pas un recensement du marché français.

Si ces montants sont hors de portée pour l'instant, ce n'est pas la seule porte : une formule de site internet à prix affiché répond à un autre besoin, être en ligne vite et sans avance de trésorerie.

Ces chiffres ne disent rien sur ce qui les fait varier. C'est la partie suivante qui compte vraiment.

Une précision utile : ces fourchettes couvrent la conception, pas l'entretien qui suit. Un logiciel sur mesure vit après sa mise en production, exactement comme un site ou un local commercial demande un entretien une fois construit.

Ce qui fait varier le prix

Le prix d'un logiciel sur mesure dépend de trois facteurs principaux : le périmètre de ce qu'il doit faire, le nombre d'intégrations avec vos outils existants, et le niveau de sécurité et de conformité requis pour vos données.

Le périmètre. Un outil qui automatise un devis n'a pas le même prix qu'une plateforme qui gère devis, facturation, planning et suivi client. Plus le périmètre est large, plus il y a de décisions à prendre, de cas particuliers à traiter, de tests à faire.

Les intégrations. Connecter votre outil à votre logiciel de comptabilité, à votre banque, à un service de paiement ou à un outil métier existant demande un travail spécifique à chaque connexion. Chaque intégration ajoute du temps de conception et de test.

La sécurité et les données sensibles. Un outil qui manipule des données de santé, des paiements ou des informations personnelles sensibles demande un niveau de protection supérieur, pensé dès l'architecture. Ce n'est pas une option qu'on ajoute à la fin, ça se construit dans les fondations.

Un devis sérieux détaille ces trois points. S'il ne le fait pas, c'est un chiffre qui ne veut encore rien dire.

Un quatrième facteur, moins visible, joue aussi : le temps passé en amont à comprendre votre métier avant de proposer quoi que ce soit. Un projet mal cadré au départ coûte presque toujours plus cher à corriger en cours de route qu'un projet bien cadré dès le premier jour.

Le calcul que personne ne fait : le coût de vos abonnements sur 3 ans

Avant de comparer un devis sur mesure à « gratuit », il faut compter ce que vous payez déjà. La plupart des PME ne le font jamais, parce que chaque abonnement, pris seul, semble petit.

Un chiffre pour situer : une entreprise utilise en moyenne 106 applications en ligne, contre 112 deux ans plus tôt (BetterCloud, State of SaaS 2025, environ 600 professionnels de l'informatique interrogés). Toutes tailles confondues, donc : le chiffre décrit une entreprise moyenne, pas la vôtre. Même en ne comptant que les cinq ou six outils qui couvrent le processus qui vous fait mal aujourd'hui (facturation, suivi client, planning), additionnez leurs abonnements mensuels sur 36 mois.

Ajoutez le temps passé, chaque semaine, à faire parler ces outils entre eux, à ressaisir à la main ce qui devrait circuler tout seul, à corriger les doublons. Ce temps a un coût, même s'il n'apparaît sur aucune facture.

Ce total, sur 3 ans, dépasse souvent ce que vous pensiez. Et à la fin des 3 ans, vous ne possédez toujours rien : vous continuez de payer, ou vous arrêtez et perdez l'accès.

Un logiciel sur mesure inverse ce mécanisme. Vous investissez une fois, et le loyer qui grimpe avec vos ventes s'arrête : vos données restent les vôtres, aucune commission ne tombe sur vos ventes, et personne ne peut modifier ni retirer l'outil sous vos pieds. La remise du code source est une option chiffrée, à décider au devis.

Tableau de bord d'un outil de gestion conçu pour une crêperie : ventes, stock, carte, équipe, finance
Un outil métier ciblé, livré et en service : la gestion d'une crêperie, du stock à la marge. Les montants sont floutés, le reste est l'écran réel.

Quand le sur mesure devient rentable

Le sur mesure devient rentable quand le coût cumulé de vos outils actuels, abonnements et temps perdu compris, dépasse sur quelques années ce que coûterait un outil pensé une fois pour votre besoin précis. En dessous d'un certain volume d'usage, ce calcul ne joue pas en sa faveur, et il faut le dire franchement.

Si votre activité est encore en train de chercher sa forme, si vos processus changent chaque trimestre, ou si le volume de données et d'utilisateurs reste faible, un outil du marché reste probablement le bon choix pour l'instant. Investir 12 000 € ou plus dans un outil pensé pour un besoin qui aura changé dans six mois, ce n'est pas un investissement, c'est un pari.

Le sur mesure prend son sens quand le besoin est stable, répété, et que les outils du marché commencent à montrer leurs limites. Notre article sur les limites du no-code détaille les signaux concrets de ce basculement.

Une manière simple de trancher : listez vos abonnements actuels liés à un même processus, additionnez leur coût sur 3 ans, et ajoutez une estimation du temps passé chaque semaine à les faire fonctionner ensemble. Si ce total dépasse déjà ce que coûterait un outil ciblé pensé pour ce processus précis, la question du sur mesure mérite d'être posée sérieusement.

Ce qu'un devis sérieux doit contenir

Un devis pour un logiciel sur mesure doit détailler le périmètre exact (ce que l'outil fait, et ce qu'il ne fait pas), les intégrations prévues, le niveau de sécurité retenu, les jalons de livraison, et ce qui se passe après la mise en production.

Il doit aussi préciser, noir sur blanc, qui est propriétaire du code et des données une fois le projet livré. Si cette question n'a pas de réponse claire, posez-la avant de signer.

En résumé, avant de signer, vérifiez que le devis répond clairement à ces points :

  • Le périmètre exact : ce que l'outil fait, et ce qu'il ne fait pas
  • Les intégrations prévues avec vos outils actuels
  • Le niveau de sécurité retenu pour vos données
  • Les jalons de livraison, avec des étapes que vous pouvez valider en cours de route
  • Ce qui se passe après la mise en production (maintenance, évolutions)
  • Qui est propriétaire du code et des données à la fin

Un devis qui reste flou sur l'un de ces points n'est pas forcément malhonnête. Mais c'est un signe qu'il faut poser la question avant de s'engager, pas après.

Notre méthode détaille comment ce périmètre se construit, en amont, avant tout chiffrage : immersion dans votre métier, structuration de l'architecture, construction par jalons visibles, puis mise en production. Ce travail de conception est précisément ce qui différencie un outil qui tient dans cinq ans d'un projet codé dans l'urgence, comme on l'explique dans notre article concevoir n'est pas coder.

Pour donner une idée de ce que ce périmètre recouvre, on montre des exemples de ce qu'on conçoit.

Si vous voulez évaluer votre propre situation, la meilleure étape suivante reste d'en discuter directement avec nous, plutôt que de deviner un chiffre depuis un article.

Questions fréquentes

Peut-on payer un logiciel sur mesure en plusieurs fois ?

Oui, et c'est la règle plutôt que l'exception. Le paiement se structure par jalons : une part au démarrage, le reste réparti sur les livraisons, de sorte que vous payez à mesure que le travail sort et jamais tout d'avance.

Chez nous, la répartition est de 40 % à la signature, puis le solde sur les livraisons successives. Des facilités sont possibles au-delà, avec toujours au moins 40 % versés au démarrage : c'est cette part qui finance la phase de conception, celle où l'on décide de l'architecture, et elle a lieu avant qu'une seule ligne de code soit écrite.

Posez la question à toute agence que vous consultez. Un prestataire qui demande la totalité d'avance, ou au contraire tout à la fin, vous dit quelque chose sur sa façon de travailler.

La maintenance est-elle incluse dans le prix de départ ?

Non, ce sont deux postes distincts, et c'est une bonne chose à vérifier avant de signer : un devis qui n'en parle pas ne fait pas disparaître le coût, il le reporte.

Un logiciel sur mesure vit après sa mise en production. Il faut l'héberger, le surveiller, sauvegarder ses données et vérifier que ces sauvegardes se restaurent vraiment, corriger ce qui casse, suivre les mises à jour de sécurité. Chez nous, tout cela tient dans un abonnement mensuel fixé au devis, connu avant de démarrer et non découvert en route.

Une fonction nouvelle, en revanche, n'est pas de la maintenance : elle se conçoit et se chiffre à part, avec les gens qui connaissent déjà votre plateforme. Autre signal à surveiller sur un devis : l'absence de tests. Un logiciel fiable se teste, et un budget qui n'en parle jamais déplace simplement cette dépense vers la maintenance, une fois que vous avez signé.

Le code m'appartient-il à la fin du projet ?

Vos données, oui, sans condition. Le code source est une option chiffrée : elle se souscrit au devis avec un prix majoré, ou se demande après douze mois sur un devis distinct. Elle donne une licence d'usage sur votre plateforme, et on garde notre savoir-faire et nos outils de développement génériques, ceux qui existaient avant votre projet.

Sans cette option, ce qui est acquis reste solide : votre outil n'est utilisé par personne d'autre, le prix ne grimpe pas avec votre croissance, et aucun éditeur ne change les règles sous vos pieds. Demandez toujours cette précision par écrit, chez nous comme ailleurs.

Pourquoi l'entrée chez Lunnar est-elle à 12 000 € ?

Ce montant correspond à un outil métier ciblé, pensé pour un besoin précis plutôt que pour refaire l'ensemble de vos processus d'un coup.

Ce montant situe l'entrée de gamme de la conception sérieuse, pas le bas du marché. Sur les 184 budgets réels du baromètre de La Fabrique du Net, un quart des logiciels métier passent sous 10 000 € et la médiane s'établit à 20 000 €. En dessous de cette bande, ce qu'on vend n'est presque jamais du sur-mesure : c'est un assemblage d'outils existants, sans architecture pensée ni reprise en main possible du code.

Ce que 12 000 € achètent, ce n'est donc pas un rabais sur une plateforme complète. C'est un périmètre volontairement resserré sur un besoin précis, avec le travail de conception fait en amont plutôt qu'un tout-en-un bâclé. Le périmètre s'élargit ensuite, si et quand vous en avez besoin.

Envie de voir ce que ça donnerait chez vous ?

Ce qu'on décrit ici, on l'a mis en place pour des activités qui n'ont rien à voir entre elles. Dites-nous la vôtre, on vous dira ce que ça change concrètement.

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